(Jovial Mouaya)
Jovial, le Congolais, jouait au ballon avec un Marocain et un Uruguayen, en train de faire des jongles et des passes tranquillement, quand je me
suis incrusté sans dire un mot, demandant la balle d'un simple geste de la main. Dans l'heure qui a suivi, nul besoin de parler, le football était notre langage commun. Les deux autres types s'en
sont allés l'un après l'autre, et quand il ne restait plus que nous deux, j'ai commencé à lui parler... en anglais. Après un signe de la tête pour me signifier qu'il ne comprenait rien, je lui
fais : "Français alors ?" Un quart de seconde plus tard, il me serrait la poigne avec une immense banane sur le visage. À partir de ce jour là, nous nous sommes retrouvés quasiment tous les jours
sur le terrain de foot. Et quand il s'ennuyait, il venait me voir dans mon bureau. Histoire de discuter et, jamais avare de sourires, il m'y transmettait sa bonne humeur. On s'est donné
rendez-vous à Paris en 2010, peut-être qu'il aura signer un contrat pro d'ici là...
"No English !"
"Mais tu travailles tout le temps !"