Alors que le gouvernement de la
région administrative spéciale (RAS) de Hong Kong vient de recruter plusieurs sous-secrétaires et autres "assistants politiques" dans ses différents ministères, la question de la double
nationalité a été au centre des débats dans un contexte où, après le tremblement de terre et avant les JO, le patriotisme s'est donné des ailes. En effet, le sous-secrétaire au Commerce et au
développement économique Greg So (photo) a décidé de renoncer à son passeport canadien. Pourtant, la Loi fondamentale stipule pas que seuls les fonctionnaires les plus haut placés, ce qui n'est
pas le cas de M. So, doivent abandonner leurs passeports étrangers pour entrer en fonction. Et bien que l'intéressé a déclaré vouloir soulager les inquiétudes de l'opinion publique sur la
question de la double allégeance, certains estiment qu'il a agi ainsi dans un excès de zèle, dans la perspective d'une promotion au sein de l'administration. Par la suite, cinq autres nouvelles
recrues ont admis être en détention d'un passeport étranger, et tous ont décidé d'y renoncer.
Malgré le fait que la Chine ne tolère pas la double nationalité, le cas de Hong Kong est
un peu spécial. À la rétrocession en 1997, les citoyens hongkongais de descendance chinoise, jusqu'alors sujets de la Couronne britannique, avaient le choix entre le passeport de la RAS de Hong
Kong, c'est-à-dire un passeport chinois, et un passeport britannique d'outre-mer (British National Overseas) qui, toutefois, ne fait pas de son détenteur un citoyen britannique. Suite notamment
au massacre de la place Tiananmen en 1989, nombreux sont les hongkongais qui, ayant longtemps vécu à l'étranger, se sont faits naturaliser dans leur pays d'accueil. Aujourd'hui, on estime à 500
000, sur une population de 7 millions d'habitants, le nombre de hongkongais possédant un passeport étranger. Ce qui, finalement, n'est guère étonnant pour une ville cosmopolite comme Hong Kong où
la plupart des élites ont fait leurs études puis travaillé en Occident avant de revenir. Personnellement, mon passeport français ne m'empêche pas de me sentir chinois.