Spencer Lam (林尚義), surnommé affectueusement 阿叔, est décédé. Ancien footballeur, il avait représenté la République de Chine (Taiwan) au Jeux Olympiques de Rome en 1960. Il est surtout
connu par ma génération pour être le commentateur des matchs de foot sur TVB. Une icône qui a également fait quelques apparitions cultes dans des films comme dans la série Young and
Dangerous. 阿叔, 安心上路.
Le 15 octobre, un incident au Legco a fait l'effet d'une bombe dans la vie politique hongkongaise. Alors que
Donald Tsang répondait aux questions du corps législatif sur les grandes lignes directrices de sa politique pour l'année 2009, plusieurs parlementaires socio-démocrates s'en sont pris virulemment
au chef de l'exécutif pour avoir implicitement refusé d'offrir une prime de 1000HK$ aux personnes âgées (prime dite "des fruits" car censée compenser la perte de pouvoir d'achat liée à la
forte inflation qui touche actuellement les produits alimentaires). Estimant qu'ils faisaient preuve d'indiscipline, le président de la séance a alors décidé de les faire expulser de la séance.
Et tandis que la sécurité s'apprêtait à le faire sortir de la salle, Raymond Wong, Yuk-Man, un commentateur politique réputé pour son ton satyrique, a alors lancé une banane en direction de la
tribune présidentielle.
Nombreux sont ceux qui condamnent cet acte, estimant que l'incident nuit à l'image de Hong Kong à travers
le monde et que ce type de comportement est inadmissible au sein du Conseil législatif. D'autres trouvent qu'un jet de banane est insignifiant comparé au Parlement taiwainais dont les membres
en viennent régulièrement aux mains. D'autres encore remercient Raymong Wong pour cet électrochoc qui a attiré l'attention des jeunes hongkongais qui étaient en général totalement
indifférents à la vie politique. En ce qui me concerne, j'ai envie de dire "Bien joué, Raymond" ;p
Ils s'attendaient à une débacle, les dégâts sont finalement limités. À l'issue des élections législatives ld'hier, le camp démocrate a
remporté plus d'un tiers des 60 sièges du conseil législatif de Hong Kong, lui permettant de conserver son droit de veto, qu'il avait utilisé contre une réforme constitutionnelle proposée par le
gouvernement en 2005.Composée notamment du Parti démocrate, du Parti civiqueet de petites formations indépendantes, la coalition pro-démocratie a remporté 23 sièges au Legco, n'en perdant donc que trois par rapport à 2004. Les
pro-démocratie ont obtenu 18 sièges au suffrage universel direct dans les cinq circonscriptions géographiques de la RAS, et 5 autres dans les "circonscriptions fonctionnelles", constituées de
grands électeurs désignés et représentant des groupes d'intérêt. L'Alliance démocratique pour l'amélioration de Hong Kong (DAB), parti pro-Pékin, devient pour sa part la plus grande formation du
corps législatif en remportant 13 sièges au total.
Malgré une montée du sentiment patriotique juste après les Jeux Olympiques, malgré des instituts de sondage largement favorables au gouvernement, et malgré des dissensions internes, le camp
démocrate s'en tire donc plutôt bien. En fait, la défaite la plus cuisante est au compte du Parti libéral qui n'a remporté aucun siège dans les circonscriptions géographiques, forçant ainsi son
président à démissioner. Enfin, la surprise vient de la Ligue des sociaux-démocrates, parti d'opposition radical, qui a remporté 3 sièges. Sa figure de proue, Leung Kwok-Hung, surnommé "Poils
Longs" (en rouge sur la photo) en raison de sa coupe de cheveux inhabituelle pour un politicien, s'apprêtait à perdre son siège au Legco. Sa reconduction peut donc être interprété comme un signal
envoyé au gouvernement, qui n'a pas su répondre aux inquiétudes des tranches les plus défavorisées de la société hongkongaise, notamment face à l'inflation.
Enfin, ces élections se sont par ailleurs distinguées par un taux d'abstention record depuis la rétrocession en 1997. En effet, 3,37 millions de Hongkongais étaient inscrits sur les listes
électorales, mais le taux de participation n'était que de 45%, soit 10 points de moins qu'en 2004. Pour expliquer ce chiffre, Emily Lau, (1ère à gauche sur la photo), du parti de la Frontière
(pro-démocratie), accuse les gouvernements central et local d'avoir tout mis en œuvre pour décourager les citoyens à se rendre aux urnes. "Les autorités et Pékin ont fait de leur mieux pour
minimiser tout cela et les médias hongkongais étaient de mèche avec eux", a-t-elle affirmé. "Il n'y a eu débat sur aucun sujet donc c'est en fait surprenant qu'on ait eu un taux de participation
supérieur à 40% étant donné que la plupart des gens ne savaient pas vraiment qu'il y avait des élections et qu'ils n'en avaient que faire. C'est quand même une honte." Même si Pékin a promis que
les hongkongais pourront élire leur chef de l'exécutif au suffrage universel direct en 2017, Emily Lau ne semble pas convaincue en expliquant que "le gouvernement craint un fort taux de
participation car cela voudrait dire que le peuple souhaite davantage de démocratie".
Dimanche sera élue, au suffrage universel direct, la moitié des membres du conseil législatif de Hong Kong. 53 candidats se disputeront ainsi 30
sièges répartis dans les 5 circonscriptions de la RAS, ce qui fait de ces élections les plus disputées depuis la rétrocession en 1997. En cette année olympique et juste après le passage des
médaillés d'or chinois dans l'ancienne colonie britannique, les partis pro-démocratiques se retrouvent dans une position bien difficile et devront faire face à un camp pro-Pékin qui surfe sur une
vague patriotique qui porte actuellement toute la société.