Jeudi 3 juillet 2008
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Par nico-wong
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Lundi 2 juin 2008
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Jamyang Kyi lors d'une conférence à Xining (Qinghai) en septembre 2007 (photo Laozangmin)
Cette femme s'appelle Jamyang Kyi. Elle est présentatrice sur Qinghai TV, chanteuse populaire, et bloggueuse féministe. Le 1e avril, en pleine
crise tibétaine, on l'a vue sortir de son lieu de travail, escortée par deux policiers en civil. Son bureau et son domicile ont été fouillés, ses documents et son ordinateur confisqués. On ne l'a
toujours pas revue depuis et l'absence de nouvelles. Pourtant, Jamyang Kyi ne semble pas être une violente sécessioniste et n'a apparemment aucun rapport avec les émeutes de mars dernier.
Cette mère de deux enfants est une intellectuelle native de l'Amdo qui souhaite repenser les structures de la société tibétaine pour
la moderniser. Elle a beaucoup écrit sur la situation des femmes, en dénonçant notamment le trafic humain et les mariages
forcés. Inspirée par le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir,
elle insiste sur la nécessité d'une "révolution des esprits". Ses textes étaient publiés sur son blog, ce qui lui permettait de toucher
les jeunes tibétains qui, habitués aux nouvelles technologies, ne l'auraient pu l'être autrement.
Bien qu'elle soit laïc, Jamyang Kyi n'en est pas moins attachée à la culture tibétaine. Mais celle-ci ne doit pas rester figée dans
le temps et continuer à être réinventée. Ainsi, en composant ses morceaux, la chanteuse n'hésite pas à mélanger pop et musique traditionnelle. Sa popularité s'étend aux communautés tibétaines
basées à l'étranger. En 2006, elle s'est produite en concert
à New-York aux côtés de plusieurs artistes exilés, profitant également de cette occasion pour donner une série de conférences dans quelques universités. Un voyage qui lui a peut-être valu
cette disparition forcée...
Le Nouvel Observateur - Arrestation d'une célèbre
chanteuse et journaliste tibétaine
Avant les JO - Pendant ce temps, la répression
continue au Tibet
Canalobs.tv - Jamyangkyi, une chanteuse en détention
Elle - Jamyangkyi, prisonnière des Chinois
Par nico-wong
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Lundi 26 mai 2008
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Deux semaines après, le grand tremblement de terre de Wenchuan (汶川大地震) continue de monopoliser l'attention de tous les médias. Alors que le ministère de l'industrie de l'information
a fait preuve d'une certaine transparence dans sa couverture du séisme, les internautes n'ont de leur côté cessé d'alimenter le web de commentaires, de témoignages, de photos et de vidéos.
Beichuan, juste après les secousses.
Un mémorial en ligne vient d'être créé alors que destins tragiques et actes d'héroisme sont relatés sur le net, suscitant
l'émotion de tout un peuple. Des milliers écoles s'étant effondrées (on estime à 12% la part des enseignants et des élèves parmi les victimes), on salue le courage de ces professeurs qui ont donné leurs vies pour sauver celles de leurs élèves. On peut citer l'hommage rendu à Yuan Wenting (袁文婷), une enseignante de 20 ans qui a sauvé 13 écoliers avant de se faire elle-même ensevelir, et celui rendu à Yan Qianqiu (谭千秋), qui s'est sacrifié en protégeant quatre de ses élèves à l'aide de son corps.
Bien que certains doutent de l'authenticité d'une partie de ce récit, l'histoire de ce bébé (photo) a ému tout le monde. Les sauveteurs l'ont retrouvé sous le corps de sa mère, qui
l'avait protégé quand l'immeuble s'est écroulé. Il avait sur lui un téléphone portable sur lequel on pouvait lire un message, laissé par sa mère dans ses derniers instants : "Mon chéri,
si tu survis, n'oublie pas que je t'aime." On a été bouleversé par ces photos de Yueyue (月月), une fillette à qui on a dû amputer une jambe afin de l'extraire des décombres. On a
admiré ce garçon nommé Zhang Jiwan (张吉万) qui a marché 12 heures en portant sa petite soeur sur le dos pour aller chercher de l'aide. Comme lui, des milliers de personnes ont préféré aller à la rencontre des secours plutôt que d'attendre leur arrivée dans
les villages les plus reculés.
Dans un tout autre style, l'image de ce lycéen en a fait rire plus
d'un. Alors qu'il est extrait des ruines de son école 80 heures après le tremblement de terre, on l'entend dire très sincèrement : "Monsieur, je veux un coca." Un coup de pub qui,
pour certains, justifierait bien un don généreux pour aider les sinistrés. On relate aussi l'histoire de Zhang Qi (张棋), cette
étudiante qui a indiqué par Internet un endroit à Wenchuan où les hélicoptères de secours pourraient atterrir. D'abord posté sur quelques forums comme une bouteille jetée à la mer,
son message a été relayé par les internautes jusqu'à ce qu'il parvienne aux autorités.
Enfin, après avoir vu cette vidéo, beaucoup se souviendront de ce visage. Trois jours après le séisme, Chen Jian (陈坚), que l'on
voit écrasé par des tonnes de débris, discute avec quelques journalistes de la télévision en attendant les secours : "Je crois que je suis à la fois malchanceux et très chanceux dans ce
tremblement de terre. J'ai l'impression d'avoir échappé à la mort. Beaucoup n'ont pas eu la même chance. Je suis coincé sous trois plaques de bétons et je ne peux pas bouger. Je n'ai rien
avalé depuis trois jours, j'ai juste bu un peu d'eau. Je dois être fort, il faut que je sois fort pour tous ceux qui m'aiment. Il faut que je m'accroche pour eux, parce qu'ils ont toujours
été si bons avec moi. J'espère que vous non plus, vous ne baisserez pas les bras face aux difficultés." Cet ouvrier migrant de 26 ans a rajouté qu'il voulait rentrer rejoindre sa famille. "Je ne veux pas que mon enfant ne sache même pas à quoi son père ressemble. Je viens
d'échapper à la mort, je n'ai plus peur de rien. Qui sait quelles sont mes chances de survivre ? " Au bout d'une opération de
sauvetage qui aura duré 6 heures, son corps est enfin extrait des décombres. Mais le jeune homme ne donne plus aucun signe de vie au moment d'être évacué. "Chen Jian, réveille-toi !"
lui crient les journalistes et les secouristes. L'un d'entre eux lui prodigue alors massage cardiaque et respiration artificielle. En vain... Les journalistes étaient en larmes.
École élémentaire no2 de Fuxin (福新), municipalité de Mianzhu (绵竹)
Au delà du chagrin, les familles des victimes se posent des
questions. Et avant tout, comment se fait-il qu'autant
d'écoles se soient écroulées ? Les parents pointent du doigt
l'industrie du bâtiment, en accusant les sociétés d'avoir ignoré les
normes de sécurité pour faire des économies. Après avoir perdu leur unique enfant, ils veulent que le gouvernement leur rende
justice. Le secrétaire du parti communiste de la ville de Mianzhu s'est même mis à genoux devant des parents en colère, leur promettant que le parti pourra résoudre ce problème. En attendant, les autorités ont décrété un deuil national de
trois jours et, pour la première fois de
l'histoire de la République populaire, le drapeau à cinq étoiles a été mis en berne en hommage à des civils tués. Après les
intempéries du Nouvel An, les émeutes au Tibet et ce terrible tremblement de terre (certains rappellent que Mao est mort quelques mois après celui de Tangshan en 1976), on se demande ce qui
va bien encore pouvoir se passer en cette année Beijing 2008.
Par nico-wong
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Jeudi 3 avril 2008
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Hu Jia et sa femme, Zeng Jinyan,
en juillet 2007.
Le verdict du procès de Hu Jia (胡佳), qui s'était tenu le 18 mars dernier, vient de tomber : ce militant des droits de
l'Homme, également impliqué dans la défense de l'environnement et dans l'aide aux victimes du SIDA, a été condamné à trois ans et demi de prison. Accusé de "subversion du pouvoir de l'État", ce
jeune papa, qui était déjà dans le collimateur des services secrets, a été puni pour avoir osé critiquer ouvertement le régime à l'approche des Jeux Olympiques. En effet, le 26 novembre 2007,
Hu Jia était intervenu par webcam interposée devant le Parlement européen lors d'une séance ayant pour thème la
situation des droits de l'Homme en Chine. Il avait alors déclaré : "C’est ironique que l’un des responsables de l’organisation des JO soit le chef du Bureau de la Sécurité publique qui est
responsable de tant de violations des droits de l’homme. Il est très grave que les promesses officielles n’aient pas été tenues avant les Jeux olympiques".
Avant d'être formellement arrêté, Hu Jia avait déjà été mis en détention à maintes reprises ("kidnappé" serait en fait le terme le plus
approprié). Ces dernières années, lui et sa femme, Zeng Jinyan (曾金燕), ont passé le plus clair de leur temps en résidence surveillée. Mais cela ne les a pas empêché
de continuer à s'exprimer sur Intenet, à travers leurs blogs, et de tourner ce film, qui témoigne de leur vie quotidienne et de celle de leurs gêoliers. Des voitures banalisées aux vitre
teintées qui se succèdent en bas de leur immeuble, des policiers en tenue civile dont le travail consiste en fait à se faire chier toute la
journée...
Par nico-wong
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