(actu)

Samedi 23 août 2008 6 23 /08 /2008 19:56
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Mon travail au comité d'organisation des Jeux de Pékin m'a bouffé corps et âme ces deux derniers mois. J'aurais bien pu trouver 5mn de temps à autre pour envoyer deux lignes sur ce blog, mais j'ai préféré consacrer ces instants de répit pour aller dormir, fumer une clope ou jouer au foot, du moment que je ne restais pas assis devant cet écran.

Les J.O. sont sur le point de s'achever et on peut dire que ça a été une réussite. La météo a certes été capricieuse, certaines compétitions ont du être reprogrammées, mais les fusées anti-pluie ont fait en sorte que la cérémonie d'ouverture ne soit pas gâchée, ce qui était l'essentiel. Ce spectacle orchestré par Zhang Yimou a par ailleurs émerveillé le monde entier. Et vu les moyens déployés, le contraire aurait été étonnant. Un collègue m'a dit que si le monde savait que la Chine avait autant d'argent, elle n'aurait jamais reçu autant de dons après le séisme du Sichuan.

Puis c'est sûr, la Chine sera en tête du tableau des médailles. C'était prévisible avec des athlètes que l'on a entraîné comme des machines depuis sept ans. Évidemment, ça n'a pas été suffisant pour pallier le manque de talent et l'absence de passion dans certaines disciplines telles que le foot. Enfin, tout le monde attendait Liu Xiang
et tout le monde a été déçu de le voir déclarer forfait. Était-ce de la comédie ? Avait-il peur de perdre ? Quoiqu'il en soit, il n'a pas perdu le soutien de ses fans et de ses sponsors.

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La vitrine, minitieusement préparée dans un climat ultra-sécuritaire, a donc été belle à voir. Contrairement à ce qui s'était vu à Athènes, les stades n'étaient jamais vides grâce aux innombrables billets offerts, et aux supporters vêtus de jaune toujours présents pour venir combler les places vides. Mais dans les coulisses, les ouvriers migrants qui ont peiné des années durant sur les sites olympiques n'ont pas été invités à la fête, l'accès au Web reste restreint malgré un petit relâchement alors que journalistes et dissidents ont placés sous étroite surveillance. Le plus regrettable à mes yeux est la vraisemblable arrestation de Zeng Jinyan, la femme du dissident Hu Jia, au moment où les Jeux venaient tout juste de commencer. Ça doit être ce qu'on appelle le revers de la médaille...

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Par nico-wong
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Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /2008 03:35
Par nico-wong
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /2008 10:33
Jamyang Kyi lors d'une conférence à Xining (Qinghai) en septembre 2007 (photo Laozangmin)

Cette femme s'appelle Jamyang Kyi. Elle est présentatrice sur Qinghai TV, chanteuse populaire, et bloggueuse féministe. Le 1e avril, en pleine crise tibétaine, on l'a vue sortir de son lieu de travail, escortée par deux policiers en civil. Son bureau et son domicile ont été fouillés, ses documents et son ordinateur confisqués. On ne l'a toujours pas revue depuis et l'absence de nouvelles. Pourtant, Jamyang Kyi ne semble pas être une violente sécessioniste et n'a apparemment aucun rapport avec les émeutes de mars dernier.

Cette mère de deux enfants est une intellectuelle native de l'Amdo qui souhaite repenser les structures de la société tibétaine pour la moderniser. Elle a beaucoup écrit sur la situation des femmes, en dénonçant notamment le trafic humain et les mariages forcés. Inspirée par le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, elle insiste sur la nécessité d'une "révolution des esprits". Ses textes étaient publiés sur son blog, ce qui lui permettait de toucher les jeunes tibétains qui, habitués aux nouvelles technologies, ne l'auraient pu l'être autrement.

Bien qu'elle soit laïc, Jamyang Kyi n'en est pas moins attachée à la culture tibétaine. Mais celle-ci ne doit pas rester figée dans le temps et continuer à être réinventée. Ainsi, en composant ses morceaux, la chanteuse n'hésite pas à mélanger pop et musique traditionnelle. Sa popularité s'étend aux communautés tibétaines basées à l'étranger. En 2006, elle s'est produite en concert à New-York aux côtés de plusieurs artistes exilés, profitant également de cette occasion pour donner une série de conférences dans quelques universités. Un voyage qui lui a peut-être valu cette disparition forcée...

Le Nouvel Observateur -
Arrestation d'une célèbre chanteuse et journaliste tibétaine
Avant les JO - Pendant ce temps, la répression continue au Tibet
Canalobs.tv - Jamyangkyi, une chanteuse en détention
Elle - Jamyangkyi, prisonnière des Chinois
Par nico-wong
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Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 21:17
Deux semaines après, le grand tremblement de terre de Wenchuan (汶川大地震) continue de monopoliser l'attention de tous les médias. Alors que le ministère de l'industrie de l'information a fait preuve d'une certaine transparence dans sa couverture du séisme, les internautes n'ont de leur côté cessé d'alimenter le web de commentaires, de témoignages, de photos et de vidéos.

Beichuan, juste après les secousses.

Un mémorial en ligne vient d'être créé alors que destins tragiques et actes d'héroisme sont relatés sur le net, suscitant l'émotion de tout un peuple. Des milliers écoles s'étant effondrées (on estime à 12% la part des enseignants et des élèves parmi les victimes), on salue le courage de ces professeurs qui ont donné leurs vies pour sauver celles de leurs élèves. On peut citer l'hommage rendu à Yuan Wenting (袁文婷), une enseignante de 20 ans qui a sauvé 13 écoliers avant de se faire elle-même ensevelir, et celui rendu à Yan Qianqiu (谭千秋), qui s'est sacrifié en protégeant quatre de ses élèves à l'aide de son corps.

Bien que
certains doutent de l'authenticité d'une partie de ce récitl'histoire de ce bébé (photo) a ému tout le monde. Les sauveteurs l'ont retrouvé sous le corps de sa mère, qui l'avait protégé quand l'immeuble s'est écroulé. Il avait sur lui un téléphone portable sur lequel on pouvait lire un message, laissé par sa mère dans ses derniers instants : "Mon chéri, si tu survis, n'oublie pas que je t'aime." On a été bouleversé par ces photos de Yueyue (月月), une fillette à qui on a dû amputer une jambe afin de l'extraire des décombres. On a admiré ce garçon nommé Zhang Jiwan (张吉万) qui a marché 12 heures en portant sa petite soeur sur le dos pour aller chercher de l'aide. Comme lui, des milliers de personnes ont préféré aller à la rencontre des secours plutôt que d'attendre leur arrivée dans les villages les plus reculés.

Dans un tout autre style, l'image de ce lycéen en a fait rire plus d'un. Alors qu'il est extrait des ruines de son école 80 heures après le tremblement de terre, on l'entend dire très sincèrement : "Monsieur, je veux un coca." Un coup de pub qui, pour certains, justifierait bien un don généreux pour aider les sinistrés. On relate aussi l'histoire de Zhang Qi (张棋), cette étudiante qui a indiqué par Internet un endroit à Wenchuan où les hélicoptères de secours pourraient atterrir. D'abord posté sur quelques forums comme une bouteille jetée à la mer, son message a été relayé par les internautes jusqu'à ce qu'il parvienne aux autorités.


Enfin, après avoir vu
cette vidéo, beaucoup se souviendront de ce visage. Trois jours après le séisme, Chen Jian (陈坚), que l'on voit écrasé par des tonnes de débris, discute avec quelques journalistes de la télévision en attendant les secours : "Je crois que je suis à la fois malchanceux et très chanceux dans ce tremblement de terre. J'ai l'impression d'avoir échappé à la mort. Beaucoup n'ont pas eu la même chance. Je suis coincé sous trois plaques de bétons et je ne peux pas bouger. Je n'ai rien avalé depuis trois jours, j'ai juste bu un peu d'eau. Je dois être fort, il faut que je sois fort pour tous ceux qui m'aiment. Il faut que je m'accroche pour eux, parce qu'ils ont toujours été si bons avec moi. J'espère que vous non plus, vous ne baisserez pas les bras face aux difficultés." Cet ouvrier migrant de 26 ans a rajouté qu'il voulait rentrer rejoindre sa famille. "Je ne veux pas que mon enfant ne sache même pas à quoi son père ressemble. Je viens d'échapper à la mort, je n'ai plus peur de rien. Qui sait quelles sont mes chances de survivre ? " Au bout d'une opération de sauvetage qui aura duré 6 heures, son corps est enfin extrait des décombres. Mais le jeune homme ne donne plus aucun signe de vie au moment d'être évacué. "Chen Jian, réveille-toi !" lui crient les journalistes et les secouristes. L'un d'entre eux lui prodigue alors massage cardiaque et respiration artificielle. En vain... Les journalistes étaient en larmes.

École élémentaire no2 de Fuxin (福新), municipalité de Mianzhu (绵竹)

Au delà du chagrin, les familles des victimes se posent des questions. Et avant tout, comment se fait-il qu'autant d'écoles se soient écroulées ? Les parents pointent du doigt l'industrie du bâtiment, en accusant les sociétés d'avoir ignoré les normes de sécurité pour faire des économies. Après avoir perdu leur unique enfant, ils veulent que le gouvernement leur rende justice. Le secrétaire du parti communiste de la ville de Mianzhu s'est même mis à genoux devant des parents en colère, leur promettant que le parti pourra résoudre ce problème. En attendant, les autorités ont décrété un deuil national de trois jours et, pour la première fois de l'histoire de la République populaire, le drapeau à cinq étoiles a été mis en berne en hommage à des civils tués. Après les intempéries du Nouvel An, les émeutes au Tibet et ce terrible tremblement de terre (certains rappellent que Mao est mort quelques mois après celui de Tangshan en 1976), on se demande ce qui va bien encore pouvoir se passer en cette année Beijing 2008.
Par nico-wong
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